This title refers to a formula of Rosalind Krauss which, in its collection of essays entitled “Le Photographique”, speaks about the chemical attacks given by certain photographers (Man Ray, Ubac,…) to photographs, in particular those of human bodies.
They thus explored the photography’s technical infrastructure itself, putting forward its processes, playing with the academism, established as of its beginnings, of “realism”, using the intrinsic parameters of the photographic processes. This is to my knowledge one of the first attacks towards the concept of photographic truth, because the images which they produced were not less true than others, since they also carried the traces of a chemical event. However, their original intention was not perhaps so much to call this concept into question, they had already exceeded it by using photography like a pure tool of creation and by exploring its limits without complex.
Rosalind Krauss recapitulates by saying that these methods were used most of the time for “… producing an image of the [body's] invasion by the space… bodies eaten either by the light, or by heat.” I find this idea all the more beautiful as it is a metaphor of what photography and the image in general became with the wire of time. An invasion by space (public in particular), image, camera as an object of mass-consumption toward the body and its image. Thus the digital attacks are at the same time a transposition/actualization of the techniques used then and also a way of speaking about the invasion of “digitalness” in the society, about the way this zeitgeist circumscribes us, delimits us, describes us, translates us using objects like the family digital camera, the television camera, the cellphone, and the whole systematically translating the world into a sum of ones and zeros.
If it is at the present time proven that the image is able to lie very well, I stick to trying to put this lie on stage.
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Ce titre fait référence à une formule de Rosalind Krauss qui, dans son recueil d’essais intitulé “Le Photographique”, parle des assauts chimiques donnés par certains photographes (Man Ray, Ubac,…) aux photographies, notamment celles des corps.
Ils exploraient ainsi l’infrastructure technique elle-même de la photographie, mettant en exergue ses procédés, jouant avec l’académisme, établi dès ses débuts, de la “vraisemblance”, tout en utilisant que les paramètres intrinsèques au procédés photographiques. Ceci est à ma connaissance une des premières attaques envers le concept de vérité photographique, car les images qu’ils produisaient n’étaient pas moins vraies que d’autres, étant donné qu’elles portaient elles aussi les traces d’un événement chimique. Cependant, leur but premier n’était peut-être pas tant de remettre ce concept en cause, ils l’avaient déjà dépassé en utilisant la photographie comme pur outil de création et en explorant ses limites sans complexe.
Rosalind Krauss récapitule en disant que ces méthodes ont été utilisées la plupart du temps pour “…produire une image de l’invasion [du corps par] l’espace … corps mangés soit par la lumière, soit par la chaleur.” Je trouve cette idée d’autant plus belle qu’elle est une métaphore de ce que la photographie et l’image en général sont devenues au fil du temps. Une invasion par l’espace (public notamment), l’image, l’appareil photo en tant qu’objet de consommation de masse à l’encontre du corps et de son image. C’est ainsi que les assauts numériques sont à la fois un transposition/actualisation des techniques utilisées alors et également une façon de parler de l’invasion du digital dans la société, de la façon dont cet esprit du temps nous circonscrit, nous délimite, nous décrit, nous traduit à l’aide d’objets allant de l’appareil numérique familial à la caméra de télévision, en passant par le téléphone portable, le tout traduisant systématiquement le monde en une somme de uns et de zéros.
S’il est à l’heure actuelle avéré que l’image est capable de très bien mentir, je m’en tiens à tenter de mettre ce mensonge en scène.

